Petite introduction à la littérature japonaise contemporaine

La littérature japonaise contemporaine est décidément très à la mode dans notre société occidentale non pas parce qu’elle nous est exotique mais parce qu’elle véhicule des sentiments paradoxaux qui nous sont indispensables... (lire la suite)

samedi 28 novembre 2009

« Hiroshima, fleurs d’été » de HARA Tamiki


HARA Tamiki nous décrit à sa manière l’ignominie qui s’est déroulée le 6 août 1945 à Hiroshima. A sa manière, car il ne condamne pas l’acte en lui-même, ni les forces américaines de l’époque. Il préfère même les éliminer totalement de son récit. HARA veut simplement nous expliquer froidement ce que fut la plus abominable expérience scientifique du milieu du 20ème siècle. Il ne se concentre que sur le vécu des Japonais avant, pendant et après le largage de la bombe.

Dans la première nouvelle, HARA nous raconte la vie quotidienne des Japonais pendant la seconde guerre mondiale ; comment les habitants d’Hiroshima, sans savoir ce qui les attend, se débrouillent au quotidien, vaquent à leurs occupations respectives et règlent leur petits problèmes familiaux et matériels.

Dans la seconde, c’est la lumière et le souffle. En quelques secondes les hiroshimaiens se voient projetés dans un autre univers. Pendant quelques instants, l’espace temporel se dérègle lentement; même s’ils sont ensembles, les femmes et les hommes se retrouvent seuls entourés d’une lumière aveuglante, les odeurs ont disparues, plus rien n’est réel. Il n’y a pas vraiment de souffrance, juste un détour vers le non-vivant, une incompréhension absolue, l’étonnement total, l’arrêt du temps, l’impossibilité de bouger.

Dans la troisième partie de ce recueil, HARA Tamiki tente de nous décrire l’horreur qui suivit l’incompréhension. Et c’est là que l’on découvre tout le génie de ce grand poète japonais. Aucun jugement, juste une description froide et subtile qui nous rend parfaitement ce qu’a du être l’horreur d’Hiroshima. Même s’il nous décrit les plaies purulentes, les membres séparés du corps et autres abominations, HARA Tamiki reste un poète et chaque mot est pesé et précieux. Loin de lui l’idée de nous rendre malade ou de nous apitoyer sur le sort de ces pauvres Japonais, il nous décrit avec le plus grand recul la tragédie. Et c’est en fait ce recul, cette froideur d’écriture qui rend ce livre unique et terrible. Il nous met dans la position de tous ces gens égarés, qui ne peuvent plus faire qu’une chose, observer, simplement observer.

Ce livre est le début d’un genre littéraire typiquement japonais : le Genbaku Bungaku ( la littérature de la bombe atomique). Il fut censuré dès sa sortie et ne put être livré au public que dans les années 50. Depuis, ce genre continue à exister même s’il est moins couru. Mais on se rend compte que même chez les jeunes écrivains japonais, les fantômes d’Hiroshima et de Nagasaki restent toujours très présents dans l’âme collective des Japonais.

En 1951, HARA Tamiki se suicide en se jetant sous un train, ce qui fait de lui une victime collatérale à ajouter à l’énorme liste des morts de la bombe.
Hiroshima : Fleurs d'été

dimanche 15 novembre 2009

« Tristes revanches » de OGAWA Yoko


Une femme se rend chez son pâtissier favori pour y acheter un fraisier pour l’anniversaire de son fils mort alors qu’il n’avait que six ans. Une maroquinière se voit confier un travail plutôt délicat ; en effet, une femme qui a la particularité d’avoir son cœur à l’extérieur du corps lui demande de lui confectionner un sac afin de protéger cet organe vital si délicat. Après avoir appris que son oncle vient de mourir, une femme se souvient de ce personnage haut en couleurs qui avaient eu la bizarre idée de créer des corsets qui font grandir. Une vieille dame prend sous sa protection un jeune étudiant, sa seule obligation est de venir régulièrement partager ses repas et la tenir au courant de ses avancées estudiantines. Une jeune et nouvelle locataire se lie d’amitié avec sa voisine, mais elle se rend vite compte que cette veuve a un comportement anormal et suspect.

Toutes ces petites histoires se retrouvent dans ce très beau recueil de nouvelles intitulé « Tristes revanches ». La particularité de ce recueil est que toutes ces histoires ont un lien entre elles, lorsqu’on en lit une, on y retrouve une allusion au récit précédent ou un élément que l’on retrouvera dans l’histoire qui suit, ce qui fait de ce recueil une œuvre très homogène et non une suite d’histoires compilées dans le temps et mises ensemble à seule fin d’édition. Ces textes se lisent en fin de compte comme un roman même s’il n’y a pas de réelle continuité. OGAWA Yoko arrive même à se mettre discrètement en scène dans l’une de ces nouvelles sans que l’on se dise : « Ah, quelle belle figure de style ! ». Tout est d’une fluidité parfaite, le fait qu’elle apparaisse dans son propre récit nous semble tout à fait naturel, et c ‘est ce qui fait tout le charme de l’œuvre d’OGAWA : cette fluidité très difficile à acquérir et cette narration simple et naturelle.

On retrouve également dans « Tristes revanches » deux thèmes chers à l’auteure qui servent de fil conducteur au récit : les objets et la mort. Ce recueil fait étrangement penser à son roman « Le musée du silence ». Les objets sont intrinsèquement liés à la mort. Le gâteau qu’un des personnages va acheter est relié à la mort de son fils ; le « corset qui fait grandir » nous ramène à cet oncle original disparu, le cœur qu’une jeune maroquinière doit emballer dans un sac nous ramène à la fragilité humaine,…
Superbes nouvelles qui ne font que grandir l’œuvre d’OGAWA qui n’a vraiment plus rien à prouver et qui nous met à chaque fois dans l’attente d’un nouvel opus jamais décevant.
Tristes revanches

mercredi 21 octobre 2009

« Le coupeur de roseaux » de TANIZAKI Junichirô


Un homme décide d’aller se balader autour du sanctuaire de Minase dans la région d’Okamoto, ballade plutôt originale pour le commun des mortels, mais pour lui, ce lieu a une certaine résonance littéraire. Ayant lu « Le Dit du Genji » et autres poésies, ce lieu a quelque chose de magique, il n’est plus un simple lieu où se trouve une ruine, il est plutôt l’endroit qui refera vivre les anciens personnages de ses nombreuses lectures.

L’endroit est apparemment désert, mais bientôt l’homme fera la rencontre d’un individu quelque peu aviné qui lui contera l’histoire de la jeune et très belle O-Yû que son père connut il y a de très nombreuses années. La vie que la jeune femme mena avec son père est une histoire si originale et romantique, que notre héros ne prononcera plus la moindre parole jusqu’à connaître la fin.

TANIZAKI Junichirô, dans ce court roman, nous balade sans arrêt du passé vers le présent. Et que ce soit vers une époque très ancienne ou vers un passé récent, il le fait avec une telle aisance qu’à aucun moment on ne se sent dérouté. Dans la première partie, il nous fait rencontrer une pléiade de personnages anciens assez inquiétants, alors que dans la seconde partie, les personnages sont tout à fait réels. O-Yû qu’il nous présente comme une héroïne tout droit sortie d’une tragédie grecque, est bien réelle, elle habite même tout près d’où les deux hommes se sont rencontrés, elle a certes pris quelques rides, mais conserve toute l’aura magnifique qu’elle eut à l’époque.

« Le coupeur de roseaux » fait étrangement penser aux récits fantastiques que Théophile Gautier écrivit vers le milieu du 19ème siècle. Gautier était alors capable de faire revivre des personnages disparus, comme par exemple les victimes de Pompéi, avec une finesse de langage inégalable et un mystère historique et littéraire unique. TANIZAKI Junichirô n’a pas à rougir, sa plume est aussi belle et délicate que celle d’un des plus grands écrivains français.

« Le coupeur de roseaux » est tout simplement un court récit poétique magnifiquement écrit qui vous entraîne dans une histoire d’amour tout aussi improbable que mystérieuse.
Le Coupeur de roseaux

jeudi 15 octobre 2009

« Taro, un vrai roman » de MIZUMURA Minaé


D’emblée, MIZUMURA Minaé nous annonce la couleur : « Tarô, un vrai roman » n’est pas un roman, c’est une histoire vraie dans laquelle elle est impliquée. Dans la pure tradition du « roman-je » japonais (le Watakushi shōsetsu), elle nous raconte la vie d’Azuma Tarô qu’elle rencontra lors de son séjour aux Etats-Unis dans les années 60. A cette époque c’était une jeune adolescente qui, ayant dû suivre son père envoyé en mission par son entreprise, se retrouve dans un pays qu’ elle ne comprend pas et qu’elle ne désire pas vraiment connaître. C’est à ce moment là qu’elle entend parler d’un certain Azuma, jeune japonais fraîchement arrivé aux Etats-Unis, sans le sou, et récemment devenu chauffeur d’un grand ponte américain. Elle est tout de suite attirée par cet énigmatique japonais sans lui avoir même adressé la parole. Que peut bien faire un jeune Japonais fauché dans un pays tel que les Etats-Unis ?
Après l’avoir rencontré quelques fois furtivement et avoir entendu parler de son incompréhensible et fulgurante ascension sociale, elle apprend que Tarô a disparu totalement de la circulation. C’est à ce moment là que MIZUMURA Minaé décide de sortir du récit et de laisser la place à Fumiko, la femme qui s’occupa du jeune Tarô et de sa famille d’accueil au Japon.

On retourne alors au Japon pour lire le récit de cette Fumiko qui fut plus qu’une servante pour Tarô. On comprendra dès lors le pourquoi et le comment de cette étrange départ pour les Etats-Unis de la part d’un jeune Japonais qui, même s’il avait certains dons, n’était absolument pas destiné à la richesse. Son départ pour l’Amérique était en fin de compte plus une fuite psychologique qu’une réelle envie d’échapper à son Japon natal qui ne lui aura jamais fait de cadeaux.

Dans la première partie de son récit, MIZUMURA s’attellera à la tâche typique de beaucoup d’écrivains japonais qui est la description des états d’âmes et des difficultés qu’ont les Japonais lorsqu’ils doivent quitter leur pays. Tout d’abord l’incompréhension d’un style de vie autre que le leur et ensuite le terrible mal du pays. Beaucoup de Japonais passent leur temps dans d’innombrables vols entre le Japon et leur pays d’accueil. Un fois à l’étranger ils veulent absolument rentrer chez eux, mais lorsqu’ils sont de retour au Japon, ils ne supportent plus cette fameuse chape de béton qu’est la vie sociale japonaise. Un exemple frappant en littérature est celui de l’écrivain japonais MURAKAMI Haruki qui s’exila également aux Etats-Unis mais qui, lors de la crise financière qu’a subi son pays dans les années 90, décida de rejoindre ses compatriotes.

Dans la seconde partie de son récit dont la majeure partie se passe au Japon, MIZUMURA Minaé nous parle du changement qui est en train de s’opérer dans la société japonaise des années 60. L’aristocratie commence alors à s’effriter, ceux qui vécurent jusque là dans l’opulence se rende compte que leurs biens ne sont pas éternels et qu’ils vont devoir commencer à s’inquiéter de ce que l’avenir du Japon leur réserve.

Ce qui fait de ce roman un des plus réussis de la littérature japonaise, c’est la grandeur du personnage de Tarô. MIZUMURA Minaé commence par nous le décrire comme un jeune homme énigmatique qui semble cacher une blessure intérieure épouvantable. Il devrait se fondre dans la masse, mais pour une raison inconnue, lorsqu’il apparaît, tous les yeux sont rivés sur lui. L’auteure aurait pu s’arrêter là, mais elle décide, après l’avoir fait disparaître du récit de nous le présenter plus âgé et désabusé pour ensuite nous raconter sa vie d’enfant et d’adolescent. Durant tout le roman, Tarô nous apparaît comme un personnage de légende : trop grand pour être réel mais éprouvant de tels sentiments qu’il redescend régulièrement de son piédestal pour retrouver le monde des humains avec toutes ses faiblesses et ses déconvenues. Tarô est le prototype du héros, il est exceptionnel (il vit un amour passionné et sans limites, partant de rien il devient un homme riche et puissant, il est inaccessible, les gens tentent de l’approcher mais n’y arrivent jamais) et d’un autre côté il a ses faiblesses, il est fragile, il trébuche, ce qui le rend très attachant.

A ses côtés, il y a également une galerie de personnages. Ils sont tellement nombreux que l’on s’y perd de temps en temps, d’autant plus qu’on les retrouve à des époques différentes et ce malgré l’arbre généalogique que l’on retrouve en fin de volume. Parmi eux, on n’oubliera pas de si tôt les trois sœurs inséparables qui deviennent assez cocasses à la fin de leurs vies.

Superbe roman très abouti, très travaillé et qui restera certainement dans l’histoire de la littérature japonaise.
Taro, un vrai roman

dimanche 6 septembre 2009

« Kyoko » de MURAKAMI Ryu


Kyoko est une jeune Japonaise qui, un jour, eut la chance de rencontrer un militaire américain d’origine cubaine : José Fernando Cortés. Ce GI, qui s’était engagé dans l’armée pour pouvoir rester aux Etats-Unis lui apprit à l’époque tous les secrets de la danse de son pays. Elle avait à l’époque 8 ans et ne se rendait pas compte que ce José allait lui sauver la vie. La danse allait lui permettre de surmonter toutes les douleurs et mauvaises surprises que la vie lui réserverait. C’est à l’âge de 21 ans qu’elle se décide à prendre l’avion pour les Etats-Unis afin de retrouver son ancien professeur et de tout simplement le remercier.

Mais à son arrivée dans ce pays qui lui est totalement inconnu, les choses vont très rapidement se compliquer. José semble avoir complètement disparu de la circulation. C’est alors qu’elle rencontrera un chauffeur noir qui sans trop savoir pourquoi lui proposera ses services afin de l’aider dans sa recherche qui, pour une jeune et jolie Japonaise, risque de tourner à la catastrophe.

Comme le dit MURAKAMI lui-même, ce livre est exceptionnellement exempt de toute violence, sexe, sadomasochisme ou autres drogues, ce qui est effectivement très rare dans son œuvre. En fait, ces sujets sont plutôt mis de côté et n’entrent pas en compte dans la trame narrative du récit. On y parle un peu de drogues, mais il ne se sert de ce sujet que comme simple moyen d’introduire une rencontre parmi toutes celles que Kyoko fera durant ses recherches. La violence par contre y est constamment présente, mais c’est une violence tacite et sociale, et non brute et crue comme dans la plupart de ses romans. C’est cette violence terrible que les sidéens rencontrent chaque jour lors de leurs tentatives de retour à la vie sociale normale. Cette violence engendrée par la haine que les gens non atteints du virus du sida entretienne envers ces nouveaux malades « honteux ».

Outre la thématique pénible du sida, MURAKAMI nous offre la chance de nous plonger dans un brassage culturel total : cela va du chauffeur noir au Cubain mal luné et totalement asocial, en passant par le petit afro-américain délinquant qui n’a jamais vu d’Asiatique de sa vie et qui ne pense, comme la plupart des gosses américains, qu’à faire le malin en possédant une arme pour épater ses copains. Belle galerie de portraits que nous dresse ici le « punk » MURAKAMI qui s’amuse à nous peindre tous les stéréotypes que l’on peut avoir envers les différentes races qui composent la société américaine. Roman très tendre et triste dans lequel l’auteur nous décrit subtilement la relation que peut entretenir une jeune Japonaise avec son mentor qui vécut si longtemps sans savoir qu’il n’avait jamais vraiment quitté le territoire japonais en restant présent dans le cœur de son ancienne élève.

Ce roman est très agréable à lire du fait que l’histoire de Kyoko est observée et racontée par les différents protagonistes qui se relaient et qui nous offrent à chaque chapitre une vision différente du récit, ce qui lui donne parfois une dimension plutôt humoristique. « Kyoko » est également un ovni dans l’œuvre de MURAKAMI puisqu’il est assez fluide et linéaire, alors que dans la plupart de ses livres, l’écrivain se plait à déstructurer son récit et à rendre son univers particulier très chaotique.
Kyoko

vendredi 28 août 2009

« Hotaru » de SHIMAZAKI Aki


Ce roman débute avec la jeune TAKAHASHI Tsubaki rendant visite à sa grand-mère qui, après avoir été victime d’un accident grave, s’est mise à avoir d’étranges hallucinations. S’étant retrouvée seule après la mort de son mari quelques années auparavant, la grand-mère a donc été recueillie par ses enfants qui, ne pouvant s’occuper d’elle chaque jour, demande à leur fille de venir de temps en temps lui tenir compagnie. L’entente entre les deux parentes est parfaite et ressemble plus à une relation de copinage.

Mais un beau jour, la grand-mère se met à lui raconter le terrible secret qu’elle n’a jamais dévoilé à quiconque de toute sa vie. Elle explique à sa petite fille l’étrange relation qu’elle entretint dans les années 30-40 avec son mari et son amour de toujours.

SHIMAZAKI, comme dans toute sa pentalogie, nous fait revivre tout le 20ème siècle japonais, avec bien évidemment en toile de fond la seconde guerre mondiale et tout ce qu’elle entraîna comme déchirures. Ici, même si elle nous parle des déportations de Japonais vers la Mandchourie, c’est plutôt les deux bombes nucléaires qui dévastèrent Nagasaki et Hiroshima qui serviront de toile de fond à ce cinquième volume du « Poids des secrets ».
Toujours le même procédé que dans les volumes antérieurs, pendant tout le récit, un mot, un seul, nous poursuit inexorablement. Le mot de ce dernier volume est bien entendu « Hotaru » qui signifie « lucioles ». Ces lucioles qui commenceront à apparaître aux yeux de la grand-mère pour ensuite se présenter subtilement à tous les personnages de l’histoire.

Les thématiques habituelles de SHIMAZAKI, à savoir l’identité humaine, la descendance et l’hérédité sont ici traitées par le biais des souvenirs de la grand-mère qui raconte l’histoire de sa vie à sa petite fille. Ce secret passera directement de la première génération à la troisième sans impliquer la deuxième. L’important est le lien qui existe entre générations même si ces liens ne sont pas tout à fait « suivis ».
Hotaru

vendredi 21 août 2009

« 1Q84 » de MURAKAMI Haruki


Pour tous les amateurs du plus populaire des écrivains japonais, il va falloir vous armer de patience avant de pouvoir lire son dernier opus qui vient de paraître au Japon. D’après ce qu’on peut glaner comme information ci et là, la traduction française devrait paraître dans un an, voir deux. Quant au titre, c’est assez simple et compliqué à la fois : le Q anglais se prononce « kyu » qui veut dire 9 en japonais. Nous voilà donc avec le « 1984 » d’Orwell qui serait un hommage à ce livre paru en 1949. Mais, et c’est là que ça se complique, certains pensent qu’il n’y a aucun rapport. Peu importe…
Le livre est paru au Japon le 29 mai et fut un énorme triomphe dans les librairies du pays. Le livre (publié en deux volumes) dépassa rapidement le million d’exemplaires vendus.

Dans ce nouveau roman, MURAKAMI nous invite à suivre la vie de deux personnages dont l’une, celle d’Aomane est totalement surréaliste et l’autre, celle de Tengo est d’une banalité confondante.

Aomane est une jeune fille qui, tout en descendant un escalier de secours, se voit projetée dans une autre réalité et se met à commettre des meurtres. Tengo, quant à lui, est un simple professeur de mathématiques qui passe son temps libre à écrire des romans. Même s’il n’a jamais été publié, Tengo espère bien duper le jury du prix Akutagawa en ré-écrivant une histoire créée par une jeune fille de 17 ans.

Dans ce roman, MURAKAMI met en exergue le fait que si certaines atrocités sont commises dans une société, ce n’est pas seulement la faute d’une personne mais aussi celle de la société qui y joue un rôle important. MURAKAMI nous parle également dans 1Q84 des sectes, de ses dérives et de ce qui peut se passer d’un point de vue psychologique dans une secte comme la tristement célèbre secte Aum.

Mais à côté de ces sujets sérieux et dramatiques, on retrouve également dans ce roman de plus de 1000 pages la patte humoristique de l’écrivain en rencontrant au fil de ces deux histoires un berger allemand très friand d’épinards, en y entendant parler d’un accident causé par un éternuement ou même, en y voyant apparaître une seconde lune dans le ciel. Bref du MURAKAMI comme on l’aime.

Douloureuse et interminable attente en perspective.

Ce petit résumé est tiré d’un article écrit par Matthew Chozick et paru dans «The Japan Times »